Carnet de route du Tour du Queyras

Pour Amaury, qui gravit courageusement son Everest.

Très beau trek dans les Alpes du Sud, le Tour du Queyras permet de parcourir un territoire splendide et ensoleillé. Ce parc naturel, entouré de chaines de montagnes culminant à plus de 3000 m d’altitude, regorge de surprises à découvrir. Le GR 58 ne présente pas de difficulté particulière et se parcourt en une dizaine de jours. De plus, il existe de nombreuses variantes balisées, permettant à chacun de construire un itinéraire adapté à ses envies et ses capacités (voir topoguide FFRP). Enfin, de nombreux sommets sont accessibles: Pic de Caramantran, Pain de Sucre, Bric Froid, Grand Glaiza, Pic du Gazon, etc. (Voir cartes IGN).
Au cours des étapes, l’on trouve de nombreux points d’eau, de ravitaillement et des refuges. Le GR est très bien balisé (blanc et rouge) et s’orienter ne pose aucun problème.
Après avoir fait le Tour du Mont Blanc l’an dernier, Marou & moi avons décidé de migrer dans les Alpes du Sud. Par choix, le trek décrit est bouclé sur la commune de Saint-Véran. Les étapes sont de difficulté normale et respectent un découpage classique du tour. En revanche, les « bonus » évoqués plus bas peuvent allonger l’itinéraire.
À titre informatif, je donne les distances et dénivelés obtenus par tracé du parcours sur Openrunner. Ces données ne sont pas précises et ne servent qu’à donner un ordre d’idée. Je ne donne pas nos temps car je ne les connais pas tous. Vous trouverez parfois nos heures de départ/arrivée dans le récit. Nous n’avons jamais dépassé 8h de marche.

Le parcours

Le parcours

Avertissement: Cet article est un journal de marche non un guide officiel de randonnée. En conséquence, vous restez les seuls responsables de votre itinéraire et de vos choix. Ne vous mettez pas en danger, ne vous surestimez pas, vérifiez la météo et préparez vos étapes à l’aide de documents adaptés (Cartes IGN et topoguides à jour).

J0: L’arrivée
Nous arrivons à Saint-Véran sous la pluie, après avoir passé une partie de la journée dans les bouchons. Le village n’étant pas accessible en voiture, nous la laissons sur un parking en contrebas. Le prix de la « vignette stationnement » étant de 5 € pour la saison entière, cela n’a rien d’excessif. Après nous être installés au refuge Le Perce Neige, nous sortons nous balader pour dégourdir nos jambes et découvrir les environs. Saint-Véran est un lieu unique puisque le village, situé à 2042 m d’altitude, est l’un des plus beaux de France. Souvent, on le désigne d’ailleurs comme étant la plus haute commune d’Europe. Bon, c’est un peu exagéré puisque rien que dans les Alpes françaises on peut citer Tignes ou encore Val Thorens ! Mais cet adage s’explique plutôt par la relation qu’ont les habitants avec l’altitude. En effet à l’époque, la commune était autonome et tout était fabriqué sur place. De plus, on trouve encore aujourd’hui une église, une mairie et une école, faisant de Saint-Véran une véritable commune et non une station de ski. Cette originalité a aussi le défaut de rendre le lieu très touristique et dans les ruelles qui restent toutefois authentiques, j’ai parfois eu l’impression de me trouver au Mont Saint-Michel. Étant venu cet hiver, je n’y avais croisé personne. Il faut dire que les chutes de neige sont très abondantes ! Au détour des rues, on aperçoit parfois un cadran solaire, peint sur la façade d’une maison. Ceux-ci font vraiment partie du patrimoine du Queyras.

Rue principale dans Saint-Véran

Rue principale dans Saint-Véran

Nous visitons la maison/musée de l’habitat ancien dont le propriétaire n’est autre que « celui qui l’a vécue ». On y apprend que les hommes vivaient parmi les bêtes afin de se maintenir au chaud. Enfin, nous dégustons une part de tarte aux myrtilles en guise d’apéro puis rentrons nous installer devant le poêle du refuge en attendant le repas. Le diner est très bon et nous rencontrons Matthieu & Amélie, deux Normands qui font eux aussi le tour du Queyras.

J1: Saint-Véran – Refuge Agnel

13km, 950m D+ 
Bonus: 630 D+ pour le Pain de Sucre
Total: 1580m D+

Nous démarrons notre première journée vers 8 h 15. Le sentier monte doucement à flanc de montagne, à travers de larges étendues d’herbes. Nous voyons beaucoup de marmottes, qui traversent sans cesse la piste pour se mettre à l’abri.

Nous partons de Saint-Véran

Nous partons de Saint-Véran

Je tente de me remémorer ces paysages tels qu’ils l’étaient cet hiver. À vrai dire, j’avais parcouru ce sentier alors que je recevais de la neige plein la tronche et que je prêtais attention aux risques d’avalanche… ce n’est pas vraiment une image de carte postale que j’ai en mémoire. Qu’importe ! Nous arrivons sur les ruines d’une mine de cuivre puis dans une petite carrière de marbre. Entre temps, nous tombons sur la trace qui monte au Pic de Châteaurenard, mais je me ravise, conscient qu’un aller-retour rallongerait trop l’étape. J’aperçois alors la chapelle Clausis que nous laissons finalement sur notre droite. Ainsi, nous nous engageons dans la montée progressive vers le col de Chamoussière (2884 m).

Vers le col de Chamoussière

Vers le col de Chamoussière

Au loin, le refuge de la Blanche se dresse dans la rocaille avec, à son pied, le Lac de la Blanche (que je ne vois pas, pourtant il est bien là!). Au col il est à peine 11 h et je regrette de ne pas être passé par le col de Saint-Véran et le Pic de Caramantran. Il est tôt et nous aurions eu le temps.

Pic de Caramantran

Pic de Caramantran

Tant pis, nous passons sur l’autre versan et amorçons la descente vers le refuge Agnel (2580 m). Le col et le refuge sont accessibles par la route et l’on rencontre de très nombreux motards venus profiter de la vue splendide. Puisqu’il est 12 h, nous mangeons quelque chose au refuge puis décidons du programme de l’après-midi.

Le col Agnel et le refuge en contrbas

Le col Agnel et le refuge en contrebas

Marou part un peu plus haut au col Agnel pendant que je vais courir vers le Pain de Sucre. Je monte alors jusqu’au Col Vieux (2806 m) et je laisse le GR qui part au nord pour m’engager au sud vers le sommet. Là, plus moyen de courir c’est très raide et un peu casse-gueule. En plus, le ciel se couvre et je crains de ne rien voir une fois en haut. Je fais un peu n’importe quoi et je monte dans une trace qui n’en est pas une, ce qui complique un peu l’ascension. Une (petite) heure après mon départ du refuge, j’atteins le sommet (3208 m) et ça ne loupe pas: on y voit comme à travers une pelle. Impec !

On ne voit pas grand chose

On ne voit pas grand chose

Pain de Sucre photographié par Marou depuis le col Agnel

Pain de Sucre photographié par Marou

Je reste néanmoins une bonne demi-heure en haut en apercevant par intermittence au nord-ouest le Grand Queyras (3114 m) et droit devant le lac de Foréant que surplombe la magnifique crête de La Taillante. J’apprendrai plus tard qu’on peut accéder au pic nord de cette crête… je reviendrai. Malheureusement, le Mont Viso reste bien planqué dans la brume et je finis par me résoudre à rentrer au refuge.

Dans les nuages

Dans les nuages

La vallée se dégage. Au loin le Pic de Châteaurenard

La vallée se dégage. Au loin le Pic de Châteaurenard

À la descente, alors que je me promets d’être moins bête qu’à la montée, je prends une nouvelle fois une trace « olé olé » et me retrouve à faire des pas de désescalade. Impec !
Je rejoins ensuite Marou au refuge puis me reconditionne. Arrive ensuite l’heure du diner. Nous sommes nombreux à table ce soir, mais l’ambiance est bonne et les gardiens sympas. Nous retrouvons d’ailleurs Amélie & Matthieu. Le coucher de soleil est splendide et il est d’ailleurs conseillé de l’observer depuis le sommet du Pain de Sucre (ou de la Taillante, ce que je ferai bientôt !).

Coucher de soleil depuis le refuge

Coucher de soleil depuis le refuge

Bonne nuit l'âne

Bonne nuit, l’âne

Nous partons ensuite nous coucher dans un dortoir où il fait frais. Mais à 8, la température grimpe vite.

J2:  Refuge Agnel – La Monta

10km, 50m D+ 
Bonus: 630 D+ pour le Pain de Sucre
Total: 780m D+

La journée commence tôt puisqu’il n’est même pas 8 h lors de notre départ. Hier soir, nous avions lavé quelques affaires qui sont encore humides ce matin. Je bricole donc un petit maillage de cordelette sur nos sacs pour les faire sécher. Je me moque de Marou qui se retrouve à trimballer ses sous-vêtements. Tranquillement, nous rejoignons le Col Vieux et choisissons de (re)monter ensemble au Pain de Sucre. Sans raison, je suis un peu méfiant et décide d’emporter les sacs avec nous. La manip intelligente aurait été de les laisser au col… mais bon ! Petit à petit, Marou grimpe devant moi dans la roche délitée et je fais attention à suivre une trace bien praticable. Alors que le sommet approche, je lui donne un petit coup de pouce et nous franchissons les derniers mètres sans encombre. Ça y est, Marou est en haut de son premier 3000 ! Cette fois, le ciel est bien dégagé et nous profitons d’un magnifique panorama à 360°.

Crête de la Taillante

Crête de la Taillante

Le Mont Viso en contrejour

Le Mont Viso en contrejour

Déjà, les premiers randonneurs « à la journée » nous rejoignent et les sacs à dos fluo clignotent sur la face ouest (ouf, nous ne sommes pas les seuls à l’avoir porté pour rien). Nous décidons donc de redescendre pour rejoindre l’itinéraire principal. À présent, il ne nous reste qu’à dévaler sur le sentier vers l’Echalp et de profiter des paysages incroyables. À la manière d’écluses naturelles, deux lacs se superposent, entourés de superbes contreforts rocheux. Nous gardons les yeux grands ouverts pour faire le plein de ces images tout en poursuivant notre descente. Nous croisons du monde qui marche en sens inverse et nombreux sont ceux qui viennent spécialement pour admirer les lacs.

Lac de Foréant et crête de la Taillante

Lac de Foréant et crête de la Taillante

Alors que nous marchons, la végétation se fait de plus en plus verdoyante et le sentier plonge dans une forêt de mélèzes. Nous traversons un troupeau de brebis qui enmontagne et saluons le berger.

Salut !

Salut !

Enfin, nous gagnons le fond de vallée et continuons sur le GR qui longe la route jusqu’au refuge de La Monta (1661 m). L’endroit est sympa, propre et plutôt bien équipé. Nous mangeons un peu et puisqu’il fait beau, nous lavons un peu de linge qui sèche rapidement au soleil. Nous profitons de l’après-midi pour nous reposer (en réalité, il n’y avait rien d’intéressant à faire dans le coin) puis vient l’heure du diner. À table nous rencontrons Martin, comédien, qui marche seul. Il a déjà pas mal baroudé et nous raconte quelques-uns de ses voyages. Nous gagnons ensuite le grand dortoir pour la nuit.

J3: Refuge La Monta – Ciabot del Pra

8km, 620m D+ 
Bonus: 400m D+ pour le Praroussin, 700m D+ pour la Pointe de Barrant
Total: 1700m D+ 

Nous partons du refuge vers 8 h. Nous rejoignons le sentier en coupant à travers champ et attaquons la montée vers le Col de la Croix (2299 m). Le ciel est couvert et il pleut quelques gouttes. Pas de quoi sortir la veste et puisque le GR s’engouffre dans le Bois des Hauts Gays, nous sommes protégés. L’ascension se fait doucement et nous croisons Martin qui nous dépasse. Nous sortons ensuite de la forêt et arrivons à de petites ruines.

Les ruines

Les ruines (du refuge Napoléon ?)

Sur les flancs de la montagne, on peut distinguer de nombreux arbres arrachés et des troncs morts poussés jusque dans le torrent: peut-être s’agit-il de dégâts causés par des avalanches. Au sud, se dresse la crête de Praroussin et au Nord la crête de la Combe. Au fur et à mesure de l’ascension, la montagne semble se refermer sur le chemin que nous suivons jusqu’au col. Du col de la Croix (2299 m), nous avons vu sur un tapis de nuage qui bouche la vue sur la vallée. Il doit pleuvoir en bas ! Nous nous abritons du vent un instant derrière un (autre) refuge en ruine.

Au dessus du mauvais temps

Au-dessus du mauvais temps

Puisqu’il est tôt, je décide de ne pas m’engouffrer dans la grisaille et de profiter du soleil pour allonger un peu l’étape. Nous empruntons donc une trace partant au sud et contournons les contreforts du Pic du col Lacroix (2540 m). En arrivant sur un petit plateau herbeux, on a la bonne surprise de voir trois edelweiss au bord du chemin. Ceci est le signe que cette trace n’est pas très empruntée.

Trois Edelweiss

Trois Edelweiss

Nous poursuivons et Marou râle un peu, car je ne sais pas trop lui montrer où nous sommes en train d’aller. Le sentier contournant le pic du col Lacroix par l’ouest, je décide de continuer à monter et de voir où cela nous mène. La météo se maintient et le vent chasse même les nuages à cette altitude : tant mieux ! Nous finissons par arriver dans une large étendue d’herbe et je comprends que nous nous trouvonsau pied de la tête de Praroussin (2675 m). La vue est très belle et je grimpe les derniers mètres pour arriver au sommet pendant que Marou se repose.

Je fais signe depuis le Pic de Praroussin

Je fais signe depuis le Pic de Praroussin

Une trace semble suivre la crête au nord-ouest et permet surement de redescendre à l’Echalp ou la Monta. Je rejoins Marou et après avoir passé quelque temps à profiter de la vue nous nous mettons en route pour retrouver le GR. En descendant, je découvre que les 3 edelweiss n’étaient qu’un mince échantillon du véritable champ de fleur, caché un peu plus loin. Nous restons un instant pour contempler ces petites étoiles blanches avant de basculer en Italie.

Petite pause sous le pic

Petite pause sous le pic

La descente vers le refuge se fait à travers la forêt, mais n’est pas très intéressante. En plus, le ciel est de plus en plus couvert à mesure que nous nous enfonçons dans les nuages.
Le refuge Jervis (1737 m) est assez gros et peut accueillir beaucoup de clients. Les gardiens parlent aussi bien français qu’Italien et nous indiquent nos dortoirs où nous serons nombreux. Nous commandons un peu de polenta et la serveuse apporte à manger pour dix !

Olé !

Olé !

Malgré ce déjeuner copieux, je décide tout de même d’aller courir et je pars à l’est vers le refuge et la Pointe de Barrant (2425m). Ça grimpe pas mal et la polenta n’arrange rien. Un sentier coupe les larges virages d’une piste qui monte elle aussi vers barrant. Puisque c’est trop raide pour courir sur le chemin je décide de suivre la piste quitte à faire un peu plus de distance. Enfin, j’arrive juste sous le sommet et je prends tout droit dans l’herbe pour y accéder. Le panorama est splendide et je suis juste au-dessus des nuages.

Au Pic de Barrant

À la pointe de de Barrant

Le tapis de nuage cache la falaise abrupte

Le tapis de nuage cache la falaise abrupte

Mais le ciel se couvre et je n’ai pas l’intention de me prendre l’eau sur la tronche, d’autant plus que je suis parti « à poil ». Je redescends donc vers le refuge et arrive sec. Je retrouve Marou qui bouquine en terrasse et nous regardons les nuages qui défilent, se forment et se désagrègent à une vitesse incroyable juste devant nos yeux.

La vallée depuis la pointe, au loin le col de la Croix, le Praroussin..

La vallée depuis la pointe, en contrebas le refuge, à l’horizon le col de la Croix & le Praroussin.

Le diner est évidemment très copieux: antipasti, pasta al pesto rosso, viande & légumes, fromages, dessert… outch !

J4: Ciabot del Pra – Le Roux

12km, 850m D+
Total: 850m D+

Nous démarrons la journée par la montée au col d’Urine. Les premiers mètres se font dans un petit raidillon qui met bien en jambe puis le sentier grimpe tranquillement en balcon au-dessus d’un petit torrent.

Au loin on devine le col d'Urine

Au loin on devine le col d’Urine

Au sud-ouest, la tête de Clot Lapierre et la crête de Pelvas qui vient buter sur la tête de Pelvas (ça ne passe pas d’ailleurs). Un peu avant le col nous traversons un pierrier de gros blocs rocheux qui semblent s’être décrochés de la Pelvas (2929m). En haut, nous entendons des éboulis qui trahissent la présence de 3 chamois qui marchent sur la pente raide de la face nord..

Tête de Pelvas

Tête de Pelvas

Nous changeons ensuite de vallée en nous retrouvons de nouveau en France. Quelques promeneurs montent en sens inverse. Au loin, j’essaye d’apercevoir le Bric froid, le Glaiza et le Col des Thures mais je ne suis pas trop sûr de moi. Nous continuons de descendre dans l’alpage jusqu’à la Bergerie sous Roche où le sentier se divise en deux. Je choisis de ne pas suivre le GR et de d’obliquer vers Valpreveyre. Le chemin s’engouffre dans le Bois de l’Issartin en suivant un ruisseau qui court se jeter plus bas dans le torrent de Malaure. C’est très joli et nous mangeons à côté d’une petite vasque naturelle. Nous ne nous baignons même pas, dommage !

Petite pause

Petite pause

Puis nous arrivons au camping de Valpreveyre (1900m), surplombé par la crête de la Gardiole (2621m) où j’étais monté cet hiver. Sous la neige, cet endroit est peu fréquenté et absolument splendide (mais un peu avalancheux sur les flancs de la montagne d’Urine). L’été, les tentes et les voitures viennent un peu gâcher le paysage. Nous suivons pendant un moment la route jusqu’au hameau du Roux, où se trouve « Le Cassu » (1720m). J’aime beaucoup ce refuge où je suis déjà venu plusieurs fois et nous sommes, comme d’habitude très bien accueilli par Domi (la patronne) et son équipe.

Le Roux

Le Roux, à l’horizon le col des Thures & le Bric Froid

Une fois reconditionnés, nous descendons en auto-stop à Abries. Marou fait de grands sourires et on ne peine pas à trouver une voiture. À Abries, nous nous promenons dans les rues et faisons quelques courses. Puis nous rentrons au Roux, encastrés dans le coffre d’un van aménagé. Dans le noir, sans fenêtre ni ceintures: amusant !

Promenade dans Abries

Promenade dans Abries

Nous buvons ensuite un verre sur la (nouvelle) terrasse du Cassu et nous faisons la connaissance de Pierre qui marche seul, mais aussi du trio Vincent, Fred et Hugo. Pierre fait le tour rapidement tandis que V, F & H rajoutent des petits « bonus » aux étapes classiques. Demain ils prévoient de faire le Bric froid ET le Glaiza en plus de leur étape. Ce sont deux sommets que je connais, mais je ne les ai jamais enchainés et j’avoue que leur programme m’intéresse beaucoup ! Mais de toute évidence, cela risque de faire beaucoup pour Marou qui fait déjà de belles étapes. Je donne quelques conseils sur le Bric Froid, un peu peaumatoire (je m’étais retrouvé à faire un col en rab’, à traverser un pierrier douteux etc., alors qu’une belle trace existe). Puis, nous dinons tous ensemble et savourons les lasagnes qui sont excellentes. Nous montons ensuite au dortoir et admirons quelques instants un ciel rempli d’étoiles.

J5: Le Roux – Les Fonts de Cervières

15km, 1400m D+
Bonus: 430m D+ pour le Grand Glaiza 
Total: 1830m D+

Ce matin nous partons à 6 h 45. Je veux absolument partir tôt, car je sais que l’étape du jour sera difficile. Nous devons grimper 1200m d’un coup et je sens que Marou va râler ! Nous partons donc alors que le soleil n’est pas encore levé vers la chapelle Saint-Antoine que nous laissons derrière nous pour atteindre les ruines de La Monette.

Chapelle restaurée des ruines de la Monette

Chapelle restaurée des ruines de la Monette

Nous voilà en bas d’un mur de 1000m qui grimpe jusqu’au col des Thures. Nous attaquons la montée et je guette l’objectif sachant que le Trio (parti très tôt) ne devrait pas tarder à apparaitre à l’horizon. Je ne les vois pas: peut-être sont-ils en avance. Nous nous faisons dépasser par trois marcheurs qui grimpent à bon rythme. L’homme de tête est traileur, ça ne fait aucun doute. L’un d’entre eux porte un t-shirt « gendarmerie ». Je les rattrape et en échangeant quelques mots avec eux j’apprends qu’il s’agit de deux marcheurs ayant trouvé un obus la veille. Le gendarme, lui, vient repérer les lieux avant d’envoyer les démineurs ! En effet, en crapahutant dans le coin j’étais déjà tombé sur un bunker, du matériel rouillé, des barbelés… et l’on m’avait expliqué que le col (frontière avec l’Italie) est encore aujourd’hui truffé d’engins datant de la Seconde Guerre mondiale. Le gendarme me confie d’ailleurs que c’est sa 6e intervention de la saison dans ce secteur. Néanmoins, tant que l’on reste sur le sentier, rien à craindre. Comme j’ai laissé Marou un peu en arrière, je décide de continuer à monter à bon rythme pour redescendre chercher son sac. Il faut dire que la dernière partie est très raide ! Lorsque j’arrive à son niveau, je la trouve d’ailleurs plutôt à l’aise. Je prends son sac et nous terminons ensemble de gravir ce mur jusqu’au col des Thures (2797m).

Crête du col des Thures et Bric Froid

Crête du col des Thures et Bric Froid

Alors que nous faisons une petite pause au col, nous voyons débouler à l’est V, F & H qui redescendent du Bric Froid (3302m): décidément ils ont fait vite. Puis, quelques minutes plus tard, c’est Pierre qui nous rejoint. Nous repartons ensuite en direction du col de Rasis sur le sentier qui part à l’ouest en suivant la crête des Thures. Nous traversons un paysage lunaire et après quelques mètres de grimpette, nous voici arrivés au col de Rasis (2921m). Au nord, la crête de La Bertine (ça ne passe pas) file s’écraser contre le Grand Glaiza que l’on devine au loin.

Col de Rasis, à l'horizon le pic de Malrif

Col de Rasis, à l’horizon le pic de Malrif

Nous nous engageons ensuite dans la descente et passons au bord d’un véritable miroir d’eau qui reflète un ciel bleu Queyras. Par contre, le nom de ce lac ne figure sur aucune de mes cartes, mais il serait un réservoir du Malrif..

Le miroir

Le miroir

Le GR file ensuite à flanc de montagne en suivant la courbe de niveau puis nous grimpons dans un raidillon que je n’avais pas prévu (difficile de voir sur la 1:50000) ce qui ne plait pas beaucoup à Marou. Puis, nous arrivons enfin au col de Malrif (2866m). Je pose mon sac et alors qu’elle s’installe pour se reposer un peu, je file en courant sur la crête des Eaux pendantes en direction du Grand Glaiza (3293m). Je grimpe rapidement et je retrouve le trio au sommet. Je prends quelques minutes pour profiter de la vue et faire quelques photos.

Au sommet du Grand Glaiza

Au sommet du Grand Glaiza

Crête au Eaux Pendantes

Crête au Eaux Pendantes depuis le Glaiza

Puis Pierre arrive alors que j’entame la descente. Au col, je retrouve Marou et nous mangeons un morceau avant de repartir au Pic de Malrif (2906m). De là, la vue est incroyable sur le lac du Grand Laus.

Lac de grand Laus

Lac de grand Laus

Nous décidons néanmoins de ne pas y descendre et de plonger à l’ouest le long du Torrent de Pierre. Au passage, je jette un œil sur le Pic de Lombard (2975m) et le Petit Rochebrune (3078m) où je ne suis encore jamais allé. Enfin, nous finissons par arriver aux Fonts de Cervière (2040m). Le hameau est très rustique et authentique, mais nous découvrons que la plupart des vieilles maisons sont en fait ajourd’hui des dépendances du refuge.

Vieil habitat, Les Fonts

Vieil habitat, Les Fonts

Nous goutons une bière locale (La Tourmente) pour l’apéro avant de passer à table. Avec Pierre et le trio, nous rigolons bien. V, F & H sont un peu fatigués de leur énorme journée (ils ont en plus fait l’aller-retour au lac de Laus, soit une étape d’au moins 2500m de D+, ce qui commence à chiffrer). Après le diner, nous allons nous coucher !

J6: Les Fonts de Cervières – Souliers

15km, 1070m D+
Total: 1070m D+

Faux départ ! Nous partons carrément dans le sens inverse de ce que nous avions prévu. Heureusement, nous nous en sommes rendu compte très rapidement. Nous bifurquons au nord en suivant le fond de la vallée jusqu’au hameau du Bourgea (1900m). Puis, le sentier monte dans le bois du Bourget en faisant de nombreux virages. Nous franchissons un petit passage rocheux équipé d’échelle et je prends le sac de Marou pour lui filer un coup de main.

Vallon Gras

Vallon Gras

Nous dépassons ensuite le vallon Gras et finissons par arriver au Lac des Cordes (2446m): splendide ! Nous faisons quelques photos et repartons plein sud avec la Turge de la Suffie (3024m) à l’horizon.

Lac des Cordes

Lac des Cordes

Après avoir passé un petit raidillon, nous gagnons le lac des Maits avant de rejoindre le col des Marsailles (2601m). Le panorama sur le vallon est splendide.

Lac des Maits

Lac des Maits

Les deux lacs depuis le col des Marsailles

Les deux lacs depuis le col des Marsailles

Nous descendons à travers le ravin des Coutiers et rejoignons l’itinéraire principal en veillant à ne pas perdre trop de dénivelé. Le GR monte jusqu’au col de Péas (2629m) et les premiers lacets sont très raides. Puis, la montée devient plus douce et nous arrivons vers 11 h au col de Péas ou nous déjeunons. Il fait beau et presque un peu trop chaud !  En traversant le col Péas, nous retournons dans le parc naturel du Queyras que nous avions quitté hier au pic de Malrif.

En montant au Péas

En montant au Péas

Nous descendons ensuite sur un sentier en balcon en direction du prochain refuge en passant par La Cuche avant de gagner finalement Souliers (1844m). V, F & H sont déjà là et ont négocié la machine à laver. Impeccable ! Pour l’apéro, le trio prépare des toasts au tarama pour épuiser les stocks et nous commençons une partie de Monopoly. Nous faisons une pause pour diner et nous rencontrons un couple de marcheurs qui dorment en tente. Ce soir, ils dinent exceptionnellement en refuge pour changer du riz de tous les soirs. Ça ne loupe pas, la gardienne apporte…. du riz ! On ne peut pas s’empêcher un fou rire. À table, Vincent nous parle de ses astuces pour randonner ultra-léger. Nous qui étions contents avec nos sacs de 6/7kg, nous avons l’air malins face à ses 3,5 kg tout compris ! Après un diner délicieux, nous reprenons notre partie de Monopoly et acceptons bien volontiers le génépi offert par la patronne. Vincent nous ruine un par un et gagne haut la main. Nous partons ensuite nous coucher dans le dortoir presque vide : il n’y a que nous !

J7: Souliers – Furfande

17km, 1500m D+
Bonus: 250m D+ pour le Pic du Gazon
Total: 1750m D+

Ce matin il fait très beau lors de notre départ du refuge et la journée s’annonce chaude. Nous suivons le GR qui monte légèrement pour rejoindre la Bergerie de Soulier. À cet endroit, nous décidons de ne pas faire la variante qui monte au lac de Soulier pour rejoindre directement le col du Tronchet. Ce matin Marou a un peu mal aux jambes et je monte au col pour redescendre prendre son sac. Tranquillement, nous arrivons en haut et coupons pour descendre directement à Brunissard par le Pouit.

Col Tronchet, au loin Brunissard

Col Tronchet, au loin dans la vallée: Brunissard

Là, nous démarrons un sentier en balcon sur la Champ et Arvieux. Le passage n’est pas très intéressant ! Puis nous entrons dans une forêt à la hauteur du Coin afin de contourner par l’est la crête de l’Échelle. Après avoir grimpé sur quelques lacets peu raides, nous trouvons une petite clairière. Nous nous y arrêtons pour déjeuner et pendant que nous mangeons, un groupe de vététiste nous dépasse. Je suis impressionné, car les mecs s’envoient à fond: ce sont de sacrés athlètes ! Nous reprenons ensuite notre marche et nous traversons plusieurs pierriers. Enfin nous arrivons à 1600m, au pied de la montée vers le col de Furfande et traversons un petit torrent qui dévale jusque dans la vallée pour se jeter dans le Torrent de la Rivière. Le sentier nous conduit dans le bois du Devez puis jusqu’à la Cabane du Plan du Vallon.

Cabane du plan du vallon

Cabane du plan du vallon

Finalement, nous gagnons le col de Furfande. À l’est, la Dent de Ratier (2660m) qui possède son propre tour (GRP), la crête de Croseras (2681m) et à l’ouest le Pic du Gazon (2744m). Le petit vallon de Furfande est très beau, parsemé de petits chalets, abris et granges. Le ciel étant (pour l’instant) dégagé, on aperçoit de beaux sommets à l’horizon.

Vue depuis le col de Furfande

Vue depuis le col de Furfande

Marou descend au refuge qui n’est plus qu’à une dizaine de minutes de marche tandis que je monte au Pic du Gazon (2744m). La trace me fait passer par le Pic du Vacivier, un peu moins haut avant de rejoindre le sommet visé. Au sommet, j’en prends plein la vue ! Pic du Béal Traversier (belle rando à ski), Béal Céveilhan, crête du Vacivier et plus loin sur l’horizon le col de l’Izoard et le Pic de Rochebrune (3320m).

Au Pic du Gazon

Au Pic du Gazon

Béal Traversier

Béal Traversier

Je croise un groupe de dames qui m’expliquent qu’elles sont les anciennes propriétaires du refuge de Furfande. Elles me demandent donc de les prendre en photo pour la montrer au nouveau propriétaire. Au passage, j’ai le droit à plein de détails sur les sommets alentour. Je finis par décoller pour redescendre rapidement à l’abris. En effet, le ciel se charge et devient noir: un orage se prépare.

La crête de Corseras

La crête de Corseras avant l’orage

Au refuge, des gens sont en train de raconter qu’ils ont aperçu trois personnes en train de dévaler un pierrier au départ d’une crête non loin de la Dent de Ratier. En entendant parler de ces « fous », je me dis que ça ne peut être qu’un nouveau coup du Trio ! Quand ils arrivent, je m’empresse donc de leur poser la question et…. C’est la déception: ce n’était pas eux ! Tant mieux, car apparemment, la manip était un peu olé olé.

Qui sont les 3 fous de la Dent du Ratier ?

Qui sont les 3 fous de la Dent du Ratier ?

Alors que nous mangeons quelques toasts pour finir le pain de mie de Vincent, l’ orage éclate. Pendant le diner, nous faisons la connaissance de Jérôme et de ses deux enfants qui marchent fort pour leur âge !

J8: Furfande – Ceillac

21km, 1400m D+
Total: 1400m D+

Ce matin, il pleut ! Je pars avec le pantalon de pluie et la veste tandis que Marou s’emballe dans son poncho. Nous descendons dans les pins et les éboulis en direction du hameau des Escoyères (1532m). Puisque la météo s’améliore et qu’il est tôt, nous optons pour la variante par Montbardon. Nous empruntons donc le sentier qui se confond dans une ancienne voie romaine pendant quelques centaines de mètres. La traversée en balcon est un peu longue et nous finissons par descendre jusqu’à la route (D 902). Nous la suivons un moment puis nous entrons dans la forêt de Chalouche et montons vers Montbardon (1504m). Quand nous sortons du bois, le sentier se transforme en une large piste qui mène jusqu’au hameau. Soudain, il se met à pleuvoir des cordes: impeccable. Nous nous abritons sous le porche de l’église, face à la fromagerie de Montbardon qui est fermée aujourd’hui. Puis nous repartons, toujours sous la pluie en direction du col de Fromage (2300m). La montée se fait à travers une forêt de pins qui nous abrite un peu de la pluie. Cependant, je me fais attaquer par des nuées de mouches et autres insectes et ce n’est pas trop agréable. Alors que j’attends Marou un peu avant le col, je croise un groupe d’une dizaine de personnes qui randonnent avec 5 ânes. Les animaux portent les sacs, mais ont le défaut d’être capricieux. Pas sûr que cela me plairait ! Lorsque Marou arrive, nous ne nous attardons pas au col et nous descendons rapidement en laissant derrière nous la crête des Chambrettes (2582m). J’aurais beaucoup aimé la traverser pour rejoindre le col de Bramousse. Cette crête est magnifique et offre un panorama splendide, mais aujourd’hui la météo est vraiment trop dégueu.

Le col Fromage

Le col Fromage

Nous gagnons le hameau du Villard et finissons par arriver enfin à Ceillac, au refuge « Les Balladins ». Nous sommes trempés de la tête aux pieds ! Nous retrouvons Vincent, Fred & Hugo. Ils ont terminé leur tour et se reconditionnent avant de prendre un train de nuit vers Paris. Après nous être lavés et bien séchés, nous faisons une partie de ping-pong, de billard et buvons une dernière bière. La montagne, c’est aussi de belles rencontres !

Une belle rencontre

Une belle rencontre

Arrive l’heure du diner et nous disons au revoir à nos amis. Nous montons ensuite nous coucher pour nous reposer avant la dernière étape. Dans le dortoir, nous faisons pendouiller nos affaires en espérant qu’elles auront le temps de sécher..

J9: Ceillac – Saint-Véran

13km, 1200m D+
Total: 1200m D+

Ce matin mes chaussures sont trempées mais ce n’est pas bien grave puisque dehors, il pleut!. Nous remontons au hameau du Villard que nous avons traversé la veille et montons plus à l’est vers le col des Estronques (2651m). Marou marche d’un bon pas et nous grimpons rapidement. En plus, la météo s’arrange et nous pouvons quitter les vestes de pluie.

Vue sur Ceillac dans la vallée

Vue sur Ceillac dans la vallée

À l’est, j’aperçois la crête de la Blavette qui permet théoriquement de boucler sur Saint-Véran en passant par la Pointe des Marcelerres et le Pic de Cascavalier. Néanmoins, nous avons convenus d’arriver tôt à Saint-Véran et je renonce donc à emprunter cet itinéraire. Nous quittons alors le col où il fait un peu frais et empruntons le GR, voie la plus directe vers Saint-Véran. Le sentier descend à l’ouest de la crête de Tancinion puis longe un torrent qui part se jeter dans l’Aigue Blanche.

Cascade

Cascade

Nous croisons des marcheurs qui montent en sens inverse. Ils ont attendu qu’il cesse de pleuvoir pour démarrer et risquent d’arriver un peu tard à Ceillac. Quant à nous, nous arrivons au Pont du Moulin. Un peu plus haut, la plus haute commune d’Europe nous attend et nous savons que notre tour sera bouclé dans quelques minutes.

Le Pont du Moulin et Saint - Véran

Le Pont du Moulin et Saint-Véran

En montant, je cherche à caresser un âne qui ne m’aime pas beaucoup et finit par se tirer à l’autre bout de l’enclos. Oups.

Pas super sociable cet âne !

Pas super sociable cet âne !

Nous arrivons vers midi, pile à l’heure pour déjeuner à notre refuge/hôtel. C’est très bon ! Après une petite sieste, nous sortons nous promener dans Saint-Véran. Étant un amateur de couteau, Marou m’offre un « Haut-Alpin », dernier couteau artisanal entièrement fait main dans les Alpes françaises. Me voici donc équipé d’une lame brute de forge emmanchée dans du bois de cytise des Alpes. Nous passons ensuite chercher du miel de pays et autres petits souvenirs. Entre temps, nous visitons le musée du Soum. Enfin, nous repartons au refuge et décidons d’aller diner non loin du col Agnel. Le repas est très bon et je déguste une truite pêchée dans un lac du coin. Enfin, nous rentrons pour passer notre dernière nuit en montagne. Le ciel étant couvert nous ne pouvons pas la chance de vérifier si Saint-Véran est bien « la commune où le coq picore les étoiles ». Comme après chaque sortie en montagne, je m’endors avec plein de nouveaux projets en tête. Décidément, il faut plusieurs vies pour découvrir les Alpes.

Bonus : Le Bric Froid

400m D+ depuis le col des Thures

Depuis le col des Thures on peut suivre la crête au nord-est. Puis une trace vous permet de monter dans les éboulis en contournant les contreforts de l’antécime. Lorsque l’on arrive sur un petit plateau, le plus dur est fait. On suit alors la trace cairnée jusqu’en haut.
Attention, un sentier bien marqué part du col des Thures et plonge côté italien. Si votre objectif est le Bric Froid voici mon conseil: NE LE SUIVEZ PAS. Je répète NE LE SUIVEZ PAS ! En y allant, vous finirez par marcher hors sentier (rappelez-vous alors l’histoire des obus … tralalalala), par passer par un pierrier casse-gueule ET vous rajouter pas mal de dénivelé au compteur.

Les Edelweiss

Edelweiss en Italie

Sommet du Bric Froid

Sommet du Bric Froid

Vue depuis le sommet

Vue depuis le sommet

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